
L'aulacode est une espèce animale appartenant à l'ordre des rongeurs qui n'est rencontrée qu'en Afrique au Sud du Sahara. Il est après le porc épis le plus gros des rongeurs en Afrique, de forme massive, de couleur très peu variée allant du gris au gris-roux avec parfois des reflets plus ou moins violacés. Cependant, on en rencontre des couleurs noires ou brunes. Son corps est couvert de poils sub-épineux. La face centrale est couverte de poils de couleurs claires et souples au toucher. La tête porte un museau effilé chez la femelle et légèrement arrondi chez le mâle. Les yeux sont petits et circulaires de couleur brune, qui rougissent quand l'animal est pris de panique. Deux oreilles très fines se situent en arrière des yeux. La lèvre supérieure fendue verticalement laisse apparaître une paire d'incisives taillées en biseau de couleur jaune foncé. La forme des dents rappelle celle des rongeurs. les deux narines roses disposées obliquement par rapport à l'horizontal sont nues. Les pattes sont courtes et portent des griffes très acérées qui sans usure peuvent atteindre une longueur de plus de 10 mm. Les pattens antérieures sont pentadactyles et les postérieures tétradactyles. L'aulacode adulte peut mesurer 40-60 cm et peser en milieu naturel en moyenne 4 à 5 kg avec un poids maximum de 10 kg pour les mâles et 5 kg pour les femelles. Son corps se termine par une longue queue entre 7 et 25 cm dépendant du poids de l'animal. L'aire de répartition de cette espèce est essentiellement localisée en Afrique occidentale.
L'élevage des aulacodes contrairement à l'élevage des animaux domestiques, nécessite un habitat pour protéger les animaux contre :
Elle constitue la base de l'élevage et peut se définir comme un ensemble d'activités importantes à connaître, maîtriser et exécuter dans un élevage à des moments précis. Il s'agit par exemple de l'inspection du cheptel, du nettoyage du bâtiment, des enclos ou cages, de l'affouragement, de l'abreuvement, etc.
Ces activités doivent être exécutées de façon chronologique dans la journée. Les activités spécifiques comme la constitution des groupes ou du cheptel, les pesées, les transports d'animaux, la mise en quarantaine doivent être planifiées et exécutées avec munitie par l'éleveur.
L'aulacode (Thryonomys swinderianus), est un rongeur hystrycomorphe vivant exclusivement en Afrique au Sud du Sahara.
Cet herbivore préfère les graminées à grosses tiges succulentes à tout autre fourrage. En captivité, son alimentation est complétée par un mélange de résidus de récolte et de sous-produits agro-industriels comme les tourteaux de palmiste, le son de blé, le son de maïs, les épluchures et cossettes de manioc, les sous produits de palmier, etc. Il apprécie beaucoup les céréales surtout le maïs, les légumineuses à graines, les racines et tubercules.
L'aulacode vit en famille polygame avec un mâle pour 4 à 7 femelles. Le mâle peut séjourner en permanence dans le groupe. A la naissance, les jeunes bêtes sont bien formées. Elles commencent par se déplacer déjà dès l'heure qui suit leur naissance. L'élevage des aulacodes en groupe polygame à l'avantage de permettre aux jeunes de téter toutes les femelles allaitant du groupe.
| Maturité physiologique | 4 mois |
| Age des femelles à la première mise au mâle | 6 mois |
| Durée de gestation | 5 mois |
| Nombre de femelles par mâle | 4à 7 |
| Carrière des femelles | 4 ans |
| Intervalle entre les mises-bas | 6 mois |
| Taux de reproduction | 80 % |
| Taille de portée | 5 (1-11) |
| Durée d'allaitement | 1,5 mois |
Les aulacodes sont des espèces rustiques, très résistants aux maladies par rapport aux autres espèces connues. Néanmoins, des difficultés de santé animale ont été enregistrées les premières années d'élévage en station. Il s'agit de :
Ces affections ont été progressivement maîtrisées chez les éleveurs grâce à des mesures préventives adaptées aux conditions du milieu. Mais, compte tenu de la nécessaire adaptation au monde rural, adaptation qui passe nécessairement par la limitation des actions vétérinaires, des mesures prophylactiques ont été mises en oeuvre en l'occurence par l'hygiène renforcée de l'habitat et des locaux. Ces actions ont abouti au retrait des vaccins sur la base des tests réalisés. Ce qui fait qu'aujourd'hui il n'y a presque pas de soins vétérinairess au niveau des éleveurs (le coût des produits vétérinaires est nul).
Elle se rapporte à l'ensemble des activités inhérentes à la gestion technico-économique du cheptel. Il sagit de :
Une mauvaise gestion du cheptel peut provoquer d'énormes conséquences comme : l'agressivité, le cannibalisme, la baisse de performance de reproduction, les mortalités, les fuites, etc.
Quelques règles d'or pour réussir un élevage d'aulacode : "Mieux vaut prévenir que guérir"
Les résultats obtenus en station et expérimentés en milieu rural dans le cadre du programme de pré vulgarisation ont permis de prouver la faisabilité technico-économique de cette innovation.
Ces résultats très appréciés ont suscité un effet d'entrainement dans ce domaine d'activités. On assiste à une prolifération des éleveurs d'aulacodes qui ont commencé à s'associer progressivement. A ce jour, un millier d'élevages sont répertoriés à travers le territoire national avec un cheptel d'environ 30000 aulacodes. Ce niveua est atteint grâce à :
L'élevage d'aulacode est ainsi considéré comme une source de diversification des revenus pour les ménages et petits exploitants agricoles. Le souci de rentabilité de cette activité nécessite une main d'oeuvre familiae constituée des conjoints et de leur progéniture en vue de limiter les charges d'exploitation et d'assurer un suivi régulier des élevages en l'absence du promoteur. Bien que l'investissement de base soit coûteux, l'éleveur peut être en mesure d'avoir un cash-flow positif après deux années d'activités. Ainsi,
Il est observé des élevages de petite, moyenne et grande taille pouvant générer des recettes d'exploitation moyenne de 500 000 F CFA par an. Les charges d'exploitation repréesentent à peine 25 % de ces receetes.
L'aulacode est un produit dont le marché existe car la demande est forte aussi bien pour la consommation que pour les reproducteurs. La preuve est que les éleveurs ne vont pas vendre les animaux au marché mais reçoivent à la maison les clients. Les prix de cession des bêtes augmentent progressivement en raison du niveau de l'offre des producteurs par rapport aux demandes. Ainsi au Bénin, en 1997, l'animal de 5 mois est vendu à 5000 F CFA. Mais de nos jours, un animal de 3 mois en moyenne est vendu entre 10 000 et 15 000 F CFA. L'aulacode est ainsi réputé comme une viande très appréciée des consommateurs et les prix de vente sont attirants même en direction de certains pays voisins.
Des essais de domestication de cette espèce avaient été entrepris dans des pays voisins et ont abouti en général à un échec du fait :
Cette innovation très appréciée aux foires internationales "Salon Agricole des Ressources Animales (SARA)" et "EXPO 2000" organisées respectivement à Abidjan en Côte d'Ivoire et à Hanovre en Allemagne a fait une grande publicité au projet et a contribué à augmenter les demandes extérieures pour diverses prestations.
Ce choix du PPEAu à Hanovre comme "projet autour du monde" dans la sous région a été l'Oeuvre d'un jury international constitué d'éminentes personnalités. Il a été confirmé par un test de qualité réalisé sur trois années successives. Une évaluation des différents résultats découlant de ce test a été régulièrement fait tous les six mois par rapport aux indicaturs de mesure ci- après :
Ces résultats ont fait du Bénin, le pays pionnier de cet élevage vers lequel s'adressent les autres pays intéressés par cette activité à travers les demandes d'assistance technique et d'échanges d'expériences.
Cet engouement des pay voisins a ainsi suscité la nécessité de diffuser cette innovation qu'est l'auacodiculture en Afrique au Sud du Sahara. Le Projet régional de Promotion pour la Diffusion de l'aulacodiculture en Milieu Rural en Afrique au Sud du Sahara (PPAS) a vu le jour sur la demande des gouvernements béninois et allemand pour une plus large diffusion de l'aulacodiculture.